Comment Romain à lancer avec une salle de sport virtuelle pour les commerciaux

Lucas Flandre févr. 23, 2026

Bienvenue dans le sixième numéro de Founder Trace.

Chaque lundi, je décrypte un lancement récent qui a réellement marché, ou qui est en train de se construire. Pas de théorie. Que des cas concrets, des métriques vérifiables, et des enseignements actionnables.

Aujourd’hui, on analyse un cas différent des précédents. Romain Coique a créé Callroom, une salle virtuelle de motivation commerciale pour aider les commerciaux B2B à faire leur prospection à froid. Pas un SaaS classique. Un service hybride qui mélange discipline, motivation et exécution collective.

Mais ce qui m’a frappé chez Romain, c’est autant sa façon de travailler que ce qu’il a construit. Il travaille 4 jours par semaine. Le reste du temps, il voyage, lit, apprend l’allemand et le mandarin. Il n’est pas nerveux dans son business. Il ne vit pas pour son travail. Et il assume complètement ce choix : avec tout ce que l’IA, la tech et l’intelligence collective nous donnent comme leviers aujourd’hui, il n’y a plus d’excuse pour se sacrifier à son business.

Son cas est une leçon double : sur la façon de vendre, et sur la façon de vivre.

Pour le suivre c’est ici : Romain Coique sur LinkedIn

Photo de profil de Romain CoiQUE Morin

🎯 Le cas en bref

Qui ? Romain Coique, formateur en vente et directeur commercial virtuel. Il a aussi un centre de formation et un podcast “Outils Business”. Parcours international en SaaS et gestion de grands comptes zone EMEA

Quoi ? Callroom : une salle virtuelle où les commerciaux se réunissent chaque semaine pour exécuter leurs campagnes de prospection à froid ensemble.

Le problème qu’il résout :

La prospection B2B à froid, c’est :

  • Dur (appeler des gens qui n’ont pas le temps)
  • Chronophage (parfois des heures pour quelques rendez-vous)
  • Solitaire (personne pour te motiver)
  • Décourageant (beaucoup de “non” avant un “oui”)

Callroom transforme un exercice solitaire et pénible en session collective et motivante.

Ce qui est inclus dans l’offre Callroom :

  • Sessions Callroom illimitées
  • GPT personnalisé & playbook
  • Coaching individuel mensuel
  • Tableau de bord pipeline
  • Communauté de commerciaux
  • Support prioritaire

Les résultats moyens : 4 sessions de prospection → 3 rendez-vous décrochés (avec supervision d’un coach).

Son écosystème complet :

Sa cible :

Entreprises tech et services avec des commerciaux qui font de la prospection à froid. La tech domine car elle nécessite d’aller “chatouiller” des prospects avec des solutions innovantes.


Pourquoi ce cas est intéressant

Ce n’est pas un SaaS classique. C’est un service récurrent construit sur une expertise (la vente B2B).

Romain a transformé ce qu’il faisait déjà informellement (accompagner des commerciaux post-formation) en offre packagée avec abonnement à 397€/mois.

L’équation est simple :

  • 6 clients Callroom × 397€ = 2 382€/mois récurrents
  • Engagement 6 mois = prévisibilité du CA
  • Coûts ~500€/mois = marge nette ~80%

La vraie question que pose ce cas : comment créer une offre d’abonnement quand on vend de l’expertise, pas un logiciel ?


Les piliers du lancement

1. Identifier le trou dans son propre business

Romain formait des commerciaux pendant 3 mois. Après, ils étaient “diplômés” mais livrés à eux-mêmes.

Son constat :

“Par définition, une formation a un début, une fin et des compétences acquises. Pour moi, un bon formateur, c’est quelqu’un qui transmet sa compétence. Mais après, qu’est-ce qu’on fait ?”

Le problème : la formation transmet la compétence. Elle ne garantit pas l’exécution.

La solution : Callroom prolonge la formation par un cadre d’exécution. Les commerciaux ont la compétence, Callroom leur donne la discipline.

Le principe : Regarde ce qui se passe APRÈS ton offre actuelle. C’est souvent là que se cache ta prochaine offre.

💡 Enseignement actionnable : Si tu vends une formation ou une prestation, demande-toi : qu’est-ce que mes clients font (ou ne font pas) après ? C’est peut-être ton prochain produit.


2. Valeur > Volume

Romain ne cherche pas à scaler en volume. Il gère 6-7 clients par mois, pas 60.

“Mon but c’est pas d’enquiller les clients en volume, c’est en valeur. C’est-à-dire prouver que le système fonctionne avec des références innovantes ou leaders sur leur marché.”

Ses clients incluent des références comme Kompass et GetQuanty (leaders de la data B2B), ainsi que des acteurs de l’agentique IA et du marketing.

Le calcul : 6 clients × 2 382€ (engagement 6 mois) = 14 292€ de CA garanti par cohorte.

Le principe : En phase de lancement, mieux vaut 5 clients pertinents que 50 clients random.

💡 Enseignement actionnable : Pour ton lancement, cible 5-10 clients “références” plutôt que de courir après le volume. Ces références vendront pour toi ensuite.


3. Virtualiser pour casser les frictions

Callroom est 100% virtuel. Pas de bureau physique. Pas de déplacement.

“Si les commerciaux sont à Miami en train de siroter un mojito ou en train de découvrir des cascades, moi c’est pas grave. S’ils ont deux heures dans leur semaine et qu’ils font leur prospection avec moi, c’est tant mieux.”

L’objectif : éliminer toutes les excuses logistiques. Le seul engagement, c’est 2 heures par semaine.

Le principe : Plus tu réduis la friction, plus ton offre est adoptable.

💡 Enseignement actionnable : Liste toutes les frictions de ton offre (déplacement, horaires, équipement). Élimine-les une par une.


4. La discipline comme produit

Ce que vend Romain, ce n’est pas du coaching. C’est de la discipline externalisée.

“Mon système c’est de la discipline, c’est comme à la salle de sport. On n’y va pas une fois pour avoir des résultats. On y vient toutes les semaines.”

Les cycles sont longs (6 mois minimum) parce que la prospection est un marathon, pas un sprint.

Les résultats concrets : 4 sessions de prospection supervisées → 3 rendez-vous décrochés en moyenne.

Le principe : Certains clients ne veulent pas apprendre. Ils veulent qu’on leur impose un cadre.

💡 Enseignement actionnable : Si tes clients ont du mal à appliquer ce que tu leur apprends, vends-leur le cadre d’exécution, pas juste la connaissance.


5. Exécuter ce qu’on vend

Romain fait sa propre prospection à froid pour Callroom. Il mange sa propre cuisine.

“J’exécute ce que je vends. Je fais de la prospection à froid pour mes salles virtuelles. J’ai pas le choix.”

C’est sa meilleure preuve de crédibilité. Il ne vend pas une méthode qu’il n’utilise pas.

Le principe : Rien ne vaut la preuve par l’exemple.

💡 Enseignement actionnable : Utilise ta propre méthode publiquement. Tes prospects verront que ça marche.


Le système d’acquisition complet

Romain n’a pas d’audience sur les réseaux sociaux. Pas de followers. Pas de contenu viral. Il acquiert ses clients via 3 canaux classiques du B2B.

Canal 1 : La prospection à froid

Romain utilise la même méthode qu’il enseigne. Il prospecte à froid pour vendre Callroom.

Son funnel :

CIBLE (100 prospects)
      │
      │ Listes enrichies (Kaspr, Lusha, Full Enrich)
      │ Entreprises tech/services avec commerciaux B2B
      ▼
CONTACT (~30 réponses)
      │
      │ Appels à froid + emails
      │ "Je vous fais gagner de l'argent et du temps"
      ▼
R1 — DÉCOUVERTE (~10)
      │
      │ Comprendre les enjeux
      │ Proposer une session d'essai gratuite
      ▼
ESSAI GRATUIT (~7)
      │
      │ Le commercial teste 1 session Callroom
      │ Il découvre la dynamique collective
      ▼
R2 — CLOSING (~5)
      │
      │ Présentation de l'offre
      │ 397€/mois × 6 mois = 2 382€
      ▼
CLIENT (~2-3)
      │
      │ Onboarding + sessions hebdo
      │ = 800-1 200€ MRR ajouté

La clé : La session d’essai gratuite. Romain ne vend pas à froid. Il fait découvrir l’expérience d’abord.

“Je l’invite à venir découvrir gratuitement une session d’essai pour qu’il comprenne la dynamique. Après, il se fait ses propres conclusions.”

Canal 2 : Le réseau et les prescripteurs

Romain a des références prestigieuses (leader de la génération de leads, acteurs de l’agentique IA). Ces références parlent de lui.

Il a aussi des sponsors et un podcast “Outils Business” qui lui apporte de la visibilité.

“J’ai des grands acteurs qui m’accompagnent. J’ai aussi des sponsors. J’ai un podcast où j’ai la chance de pouvoir animer et avoir un écosystème.”

Canal 3 : Les salons

Romain va régulièrement à des salons B2B .

“En B2B il n’y a pas 50 leviers. Il y a les salons, on vient soit en visiteurs soit en stands.”

Le point clé : Romain n’a pas besoin de contenu viral ou d’audience massive. Il utilise les canaux classiques du B2B (prospection, réseau, salons) avec discipline.

Canal 4 : Les partenariats (podcast)

Romain a construit un réseau de +30 partenaires via son podcast “Outils Business” : Skipcall, Nomination, et d’autres acteurs du B2B.

Ces partenaires deviennent des prescripteurs naturels. Ils connaissent Romain, font confiance à son expertise, et le recommandent à leurs clients.

> “J’ai des sponsors, j’ai un podcast où j’ai la chance de pouvoir animer et avoir un écosystème.”

Le principe : Un podcast B2B = machine à partenariats. Chaque invité devient un prescripteur potentiel.

🎙️ L’interview complète (22 minutes)

J’ai interviewé Romain pendant 22 minutes. On a parlé de son parcours, de Callroom, de sa méthode de prospection, et de ses erreurs.

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