Elevia : il a buildé un SaaS tout-en-un pour agences et freelances (CRM, devis, facturation), 1 704 € d’ARR avec 5 clients payants

Informations sur la publication :

Raphaël Ghikh, bientôt 30 ans, développeur web et ex-fondateur d’un studio de création de sites, a lancé Elevia en mai 2026 : un cockpit pour agences et freelances qui regroupe 6 modules (CRM, propositions commerciales, gestion de projets, design feedbacks, portail client, facturation) en forfait tout-inclus ou à la carte. Développement démarré en janvier 2025, un an de dev en silence, bêta en décembre 2025 avec ~50 testeurs, V1 en mars 2026 mise en pause pour bug fixes, relance officielle début mai 2026. À 3 semaines en production : 5 clients payants, 1704 € d’ARR, ~142 € de MRR. 3 clients sur 5 viennent de Twitter en anglais (Estonie, New York, Israël), les 2 autres sont en France. Stack légère React + Supabase + Vercel, migration backend en cours. 14 jours d’essai.

Pour le suivre : elevia.ioX

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Le cas en bref

Raphaël Ghikh, bientôt 30 ans, fondateur d’Elevia (elevia.io)

Ses chiffres au moment de l’interview :

  • Lancement : V1 publique début mai 2026, après un an de dev et une bêta de ~50 testeurs
  • Clients payants : 5
  • ARR : 1 704 €
  • MRR : ~142 €
  • Origine des clients : 3 sur 5 via Twitter en anglais (Estonie, New York, Israël)
  • Modules : 6 (CRM, propositions commerciales, gestion de projets, design feedbacks, portail client, facturation)
  • Pricing : forfait tout-inclus ou à la carte, 14 jours d’essai
  • Stack : React, TypeScript, Supabase, Vercel
  • Migration en cours : backend Next.js sur VPS pour intégrer le MCP
  • Code généré par IA : 80 à 90 % (Cursor, Claude Code, ChatGPT)
  • Background : développeur web, ex-fondateur d’un studio de création de sites
  • Objectif bio : 10 000 $/mois

Pourquoi ce cas est intéressant

Le marché des outils pour freelances est saturé. Notion, Malt, Bonsai, HoneyBook, FreshBooks et trente autres se battent pour la même cible. Raphaël n’a pas tenté de faire un outil de niche en plus, il a fait le pari inverse : tout regrouper, de la vente au delivery, dans un cockpit modulaire.

Le cas est intéressant pour trois raisons précises. D’abord, parce qu’il documente une erreur que beaucoup de devs founders ne veulent pas s’avouer. Il a codé seul pendant un an, en silence, en pensant que c’est le produit qui ferait la différence. Aujourd’hui, il dit clairement le contraire. À l’ère de l’IA, c’est la communauté et la distribution qui font la différence.

Ensuite, parce que le pivot anglophone a été involontaire. Raphaël visait la France, il poste en anglais sur Twitter parce qu’il a copié ce que faisaient les autres, et ses trois premiers clients payants Twitter sont en Estonie, à New York et en Israël. Ses clients lui ont indiqué où aller, pas l’inverse.

Enfin, parce que la stack est révélatrice de 2026 : 80 à 90 % du code généré par IA, sur un produit qui mélange 6 modules, et une migration backend en cours pour préparer l’intégration MCP. Il prépare un CRM piloté par des agents IA avant que ce soit un marché grand public.

La question que pose le cas : est-ce qu’un cockpit modulaire peut être défendable face à des outils plus spécialisés et à une vague de produits identiques que l’IA permet de copier en quelques semaines ?

Les piliers du modèle

1. Le cockpit modulaire pour agences et freelances

Le pain point qu’Elevia attaque est universel chez les prestataires de services : la fragmentation des outils. Notion pour la doc, un CRM ailleurs, un outil de devis encore ailleurs, un Stripe, un Slack, parfois un Loom, des automatisations Zapier pour relier le tout. Résultat : des abonnements cumulés, de la data qui se perd entre les outils, et des connexions fragiles qui cassent.

Raphaël a vécu ce problème en tant que freelance dev avant d’attaquer la solution. Sa promesse est simple : un seul endroit pour piloter une activité de service, de la vente au delivery.

Le cockpit est composé de 6 modules : CRM, propositions commerciales, gestion de projets, design feedbacks, portail client, facturation. Deux options tarifaires : un forfait tout-inclus pour ceux qui veulent tout, ou un forfait à la carte par module pour ceux qui démarrent et n’ont pas encore besoin de l’ensemble. Cette modularité vient directement du feedback des bêta testeurs, qui trouvaient la V1 trop complète pour leur stade d’avancement.

“Elevia, c’est un cockpit pensé pour les agences et pour les freelances, surtout sur de la prestation de services, qui regroupe un peu tout ce que tu as besoin pour piloter le business.”

Deux modules tirent particulièrement la conversion lors des démos : les propositions commerciales (devis modulables qui ressemblent à des landing pages) et les design feedbacks (qui remplacent les allers-retours par mail).

💡 Enseignement actionnable : Quand ton produit a beaucoup de features, le pricing doit suivre le stade du client, pas la richesse fonctionnelle. La modularité n’est pas une concession, c’est un outil de pricing. Un freelance qui démarre peut entrer par 1 ou 2 modules et étendre quand il scale, plutôt que de partir sur un autre outil moins complet.

2. Build in public dès le jour 1, même quand on n’est pas marketeur

Raphaël n’est pas rédacteur. Il dit lui-même qu’il a commencé à documenter parce que “tout le monde le faisait”, pas par stratégie. Il a démarré tard, et c’est précisément ça son plus gros regret.

Sa thèse aujourd’hui est claire et nette. À l’ère de l’IA, n’importe quel produit peut être copié en quelques semaines. Le code n’est plus un fossé. La seule chose qui reste défendable, c’est la communauté qui te suit, ta distribution et ton marketing. Coder en silence pendant un an, c’est offrir une longueur d’avance aux concurrents qui parleront pendant que tu codes.

“À l’ère de l’IA, c’est pas ton code qui va faire la différence, c’est pas ton produit non plus, parce que 100 % des produits peuvent être copiés. Ce qui fera ta grosse différence, c’est la communauté qui va te suivre.”

Le building public sert deux objectifs avant même la première ligne de code : valider l’idée auprès d’un public réel, et construire une audience qui sera là pour le lancement.

💡 Enseignement actionnable : Si tu es développeur et que tu lances un produit, commence à poster avant d’écrire la première ligne de code. Documente le problème que tu veux résoudre, partage tes frustrations en tant qu’utilisateur, parle de ce que tu n’as pas trouvé sur le marché. L’audience que tu construis pendant que tu codes est le seul actif qu’un concurrent ne pourra pas copier avec une IA.

3. Le pivot anglophone non prévu

Elevia a été conçu pour la France. Logiquement : Raphaël est en France, son site est en français, son réseau de départ est francophone. Sauf qu’il poste en anglais sur Twitter, presque par mimétisme.

Trois semaines après le lancement officiel, le constat est révélateur. Sur 5 clients payants, 3 viennent de Twitter, et ces 3 clients ne sont pas en France. Estonie, New York, Israël. Les 2 autres clients, eux, sont bien français.

“À la base j’ai lancé Elevia en mode francophone. Sauf que sur Twitter je parle qu’en anglais. Les trois clients, c’est des clients internationaux qui sont pas du tout basés en France.”

Raphaël ajuste sa stratégie en conséquence. Plus d’efforts sur l’anglais, sans pour autant abandonner la France. Ce sont ses clients payants qui lui ont indiqué où aller, pas son plan de départ.

💡 Enseignement actionnable : Au début, observe d’où vient ton premier euro avant de doubler la mise. Beaucoup de fondateurs francophones investissent dans le marché français par défaut, sans tester l’anglais. Si ton compte Twitter, ton site ou ton produit fonctionnent déjà en anglais, vérifie qui te paie réellement et bascule la priorité sur le canal qui te ramène la carte bancaire.

4. Le pari MCP pour préparer son CRM aux agents IA

C’est la partie la plus tech, et celle qui différencie Elevia à 6-12 mois. Raphaël migre actuellement son backend de Supabase vers Next.js sur VPS, précisément pour pouvoir intégrer le MCP (Model Context Protocol).

L’idée : permettre aux utilisateurs de piloter Elevia depuis n’importe quel agent IA. Tu demandes à Claude ou ChatGPT de “créer un lead pour Acme Corp, ajouter une opportunité, programmer une relance dans 7 jours”, et l’IA le fait directement dans ton CRM Elevia via MCP. Pas de copier-coller, pas d’ouverture manuelle de l’outil.

Le pari sous-jacent : le futur des CRM, ce sont des agents qui maintiennent la data à jour automatiquement. Les CRM dont la data se met à jour à la main vont mourir, parce que leur data est toujours en retard.

“Sans MCP, les utilisateurs quittent le CRM. Le plus gros défaut d’un CRM, c’est d’avoir de la data qui n’est pas à jour. Le MCP te permet d’automatiser au maximum.”

Raphaël travaille en parallèle sur des champs automatisés. Si un lead poste sur LinkedIn, le post remonte dans le CRM Elevia, et l’outil calcule un score de “moment opportun” pour relancer.

💡 Enseignement actionnable : Quand tu construis un outil de productivité en 2026, demande-toi quel point d’intégration tu veux avec les agents IA. Pas comme bullet sur une landing page, mais comme architecture. Ça change la stack que tu choisis aujourd’hui. Supabase ne suffit pas pour faire tourner du MCP en continu, il faut un vrai backend.

L’interview complète

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