Comment elle a lancé une marketplace pour SaaS et apps

Informations sur la publication :

Fiche du lancement

Canal d’acquisitionLinkedIn
Revenus au moment du casEntre 500 et 2 000 € par mois

Salut, c’est Lucas.

Cette semaine, Caroline Rousset revient six mois après son premier passage. Lecture : 8 minutes.

Au programme : le pivot qui a tout débloqué, ses deux ventes, et pourquoi elle se fiche de ses likes. On parle aussi de Gorilyft House, le projet dont elle parle avec le plus d’envie.

Résumé

« Non non, tout va bien. Là je suis sous l’eau, mais je la fais dans quelques semaines. »

C’est la réponse que Caroline recevait quand elle relançait ses clients. Ils avaient payé pour un an. Ils avaient tourné leur première vidéo le premier mois. Et puis, pour beaucoup, plus rien.

Le produit se vendait bien. Il ne servait pas. Il y a six mois, elle nous racontait le lancement de Gorilyft. Le principe : des questions-réponses en vidéo, pour faire référencer l’expertise de ses clients dans les IA.

Elle a fait le plus dur : admettre que son produit demandait trop. Beaucoup de fondateurs auraient relancé plus fort, ajouté un rappel automatique, un tuto ou une fonctionnalité.

Alors elle a tout changé. Gorilyft met désormais en relation des micro-créateurs Instagram avec des SaaS et des applications mobiles. Deux mois pour construire. Deux semaines pour vendre. Deux clients, signés chacun en un seul appel.

Et le premier, elle l’a trouvé ici. Elle me l’a annoncé comme ça, en plein entretien :

« Ça va te faire beaucoup rire, parce que c’est aussi grâce à toi. »

Caroline Rousset, fondatrice de Gorilyft
Caroline Rousset · Fondatrice de Gorilyft · Californie

Retrouver Caroline : Gorilyft ↗ · LinkedIn ↗ · Son premier passage sur Founder Trace ↗

Page d’accueil de Gorilyft, marketplace pour SaaS et applications mobiles
gorilyft.com, la nouvelle version du produit.

Le cas en bref

  • 2 clients signés, en un appel chacun.
  • 2 mois de construction, puis 2 semaines de vente.
  • 58 000 abonnés sur LinkedIn.
  • Pour qui : les SaaS et les applications mobiles qui veulent de la visibilité sur Instagram, auprès d’audiences françaises et américaines.
  • Premiers clients : un fondateur contacté sur LinkedIn après son interview sur Founder Trace, puis une entreprise qui se développe aux États-Unis, recommandée par un ancien client.
  • Ce que paie le client : la gestion de la campagne par Caroline et le budget des créateurs.

Parcours et chiffres rapportés de l’entretien. Caroline ne donne pas le montant de ses ventes.

Ce qu’elle a fait

1. Arrêter de relancer, supprimer la friction

Ses clients avaient payé un an. Beaucoup n’ont tourné qu’une vidéo.

Le produit n’était pas en cause. Ils n’avaient pas le temps, pas l’envie, ou ne voyaient pas l’intérêt. Se filmer demande de la préparation.

Les relances ne changeaient rien. À chaque fois, la vidéo glissait de quelques semaines.

« Ça demande trop de choses de la part du client et il est pas prêt à faire ces choses-là. Faut trouver autre chose, parce que là ça a pas de sens. »

Ce que ça t’apprend : si tes clients paient mais n’utilisent pas, une meilleure relance ne règle rien. Regarde ce que ton produit leur demande de faire eux-mêmes. L’admettre, c’est la partie la plus dure d’un pivot.

2. Chercher ses clients là où ils sont déjà rassemblés

Son premier client vient d’une liste qu’elle n’a pas eu à construire : les interviews de Founder Trace.

Elle cherchait des fondateurs de SaaS et d’applications. Elle a regardé qui j’avais interviewé, puis leur a écrit sur LinkedIn.

Plusieurs ont dit non. Ce n’était pas le moment. Un a dit « pourquoi pas ».

Ma réaction à ce moment de l’entretien tient en deux mots : « J’adore ! »

Ce que ça t’apprend : ta cible a souvent déjà levé la main quelque part. Podcasts, classements, annuaires, lauréats d’un concours : la liste existe, il reste à écrire.

3. Vendre comme une agence avant de finir le logiciel

Deux mois de construction en vibe coding. Puis tout à la main.

Elle gère tout elle-même : recherche des créateurs, contrats et suivi des publications. Elle écrit même les scripts, pour que les créateurs n’aient pas à y réfléchir.

« C’est pour ça aussi que j’ai décidé de le vendre en mode agence au départ, pour bien comprendre le client. »

Ce que ça t’apprend : le logiciel viendra après, quand elle saura ce qui sert vraiment. Vendre à la main d’abord, c’est être payé pour apprendre, au lieu de coder pour deviner.

L’acquisition

Cinq ans de publications, puis des messages un par un.

La confiance existait avant l’appel. Son premier client la voyait publier depuis longtemps sur LinkedIn. Le second arrivait par recommandation.

Pour la suite, Sales Navigator. Elle cherche les fondateurs de SaaS et d’applications, regarde où en est leur acquisition, puis écrit un message personnalisé.

Ses likes ont baissé de moitié : environ 200 par post avant, plutôt une centaine aujourd’hui, pour 58 000 abonnés. Elle s’en fiche :

« Ça nourrit l’ego mais pas le frigo. »

Un détail pratique : depuis la Californie, elle publie à 23 h pour être lue à 8 h en France.

Ce que ça t’apprend : compte les clients et les conversations qu’un post a créés, pas les likes.

L’entretien ne donne ni le nombre de messages envoyés ni le taux de réponse.

Gorilyft House : remettre du réel

Un post. Aucun détail. Plus de 150 demandes.

C’est le passage de l’entretien où elle parle le plus longtemps. Celui qui ne parle pas de chiffres.

Le concept : Gorilyft dans la vie réelle. Une marque veut des contenus originaux. Caroline trouve une maison atypique. Elle pense à des cabanes dans les arbres, pas à une villa de téléréalité. Elle réunit des créateurs, fait venir des vidéastes et écrit les scripts.

Chacun y gagne quelque chose. La marque repart avec des contenus pour ses publicités et ses réseaux. Les entrepreneurs invités ne paient pas : en échange, ils publient ces contenus chez eux.

« Je vois beaucoup d’entrepreneurs qui sont isolés alors qu’ils ont quand même besoin d’échanger, de se voir. On dit c’est tout bête, mais en fait, c’est hyper, hyper important. »

Elle parle aussi de cette course sans fin, où l’on veut toujours apprendre le truc d’après, jusqu’à ce que le cerveau dise stop. Quand on construit seul, derrière un écran, ça tape juste.

La demande est là. Des gens en Belgique, en Suisse et en Israël sont prêts à prendre l’avion. Il lui manque maintenant les marques. Pour baisser les coûts, elle propose d’en associer deux aux produits complémentaires.

Ce que ça t’apprend : elle a mesuré la demande avant de construire l’offre. 150 réponses prouvent qu’il y a un public. Il reste à prouver qu’il y a un acheteur.

L’interview en vidéo

Interview de Caroline Rousset, fondatrice de Gorilyft
L’interview complète sort ce soir à 19 h sur la chaîne YouTube Founder Trace.

▶ Voir la chaîne YouTube Founder Trace →

Les erreurs et difficultés

Deux erreurs, et une contrainte qu’on sous-estime.

Erreur n° 1 : croire que les clients feraient leurs vidéos. C’était tout le pari de la première version.

Erreur n° 2 : être optimiste sur les délais. Trouver les bons créateurs, attendre leurs réponses, faire tourner les vidéos, les faire valider par le client : tout prend plus de temps que prévu.

La contrainte : l’influence est réglementée. Chaque post doit indiquer qu’il est sponsorisé, et les contrats doivent protéger tout le monde, y compris sur la date de publication. Caroline a travaillé avec un avocat. Ce que ça lui a coûté, on le regarde dans la suite premium.

La stack technique

  • Supabase ↗ — Base de la plateforme, construite en vibe coding par un développeur.
  • LinkedIn Sales Navigator ↗ — Recherche des fondateurs de SaaS et d’applications à contacter.
  • LinkedIn, Instagram et TikTok — Un post par jour sur LinkedIn ; Instagram et TikTok pour suivre les créateurs.
  • Un cahier et un stylo — Toute son organisation, plus les notes de son téléphone. « Je travaille encore à l’ancienne. »

Caroline ne se souvient plus des autres outils utilisés pour construire la plateforme.

Le mot de Caroline

À la fin, je lui ai demandé si elle voulait dire quelque chose. Elle n’a pas parlé de marketing.

« Il faut toujours avoir conscience qu’on est que de passage sur cette terre, et il faut vraiment faire quelque chose qui nous rend heureux. Et souvent, ce n’est pas forcément de gagner des grosses sommes. C’est peut-être plus d’aider les gens, ou d’avoir des bonnes relations. »

Puis elle a montré le gorille accroché au mur derrière elle, avec ces derniers mots : « Et surtout, garder la banane. »

Le blueprint d’exécution

Le test que je ferais cette semaine, à partir de son histoire :

  1. Liste tout ce que ton client doit faire lui-même après avoir payé.
  2. Regarde combien le font vraiment : une connexion, un fichier envoyé, une vidéo tournée.
  3. Pour l’action la moins faite, demande à trois clients ce qui les bloque.
  4. Imagine l’offre où quelqu’un d’autre fait cette action à sa place : toi, un prestataire ou un créateur.
  5. Vends-la à la main, comme une agence, avant d’écrire une ligne de code.

La question à emporter

Qu’est-ce que tes clients ont payé, mais ne font jamais ?

À toi de jouer

Quelle action ton client doit-il encore faire lui-même ?

À lundi, et garde la banane,
Lucas

Dans la suite premium

Le dossier Founder Trace : ce que les deux ventes ne racontent pas, les 6 000 € payés avant le premier euro, comment Caroline finance son SaaS sans toucher à ses économies, et trois tests selon ta situation.

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