Résumé : Alexis Jarre, 24 ans, étudiant en Master 2 à la Sorbonne, a co-fondé Naano en décembre 2025 avec Thomas Marcelle (CEO) et Justine Namour (CTO). Naano est une marketplace qui connecte des micro-créateurs LinkedIn avec des entreprises B2B tech. Modèle : paiement au clic, 1,90€ à 2,90€ le clic selon le volume. Chiffres au moment de l’interview : 25 000€ de CA total, 17 000€ de MRR, 500 créateurs sur la plateforme couvrant 50 pays, 14 entreprises clientes.
Capital de départ : 660€ (220€ par associé). Bootstrap total, aucune levée de fonds.
Bienvenue dans ce nouveau numéro de Founder Trace.
Chaque semaine, je décrypte un fondateur bootstrappé qui a réellement lancé quelque chose qui marche. Pas de théorie. Que des cas concrets, des métriques vérifiées, et des enseignements actionnables.
Aujourd’hui, on analyse un cas que je n’avais pas encore vu : trois étudiants qui lancent en deux mois et demi une marketplace B2B, sans lever un euro, et atteignent 17 000€ de MRR au bout de deux mois. Alexis Jarre a co-fondé Naano depuis la Sorbonne, entre deux cours. Le concept : payer les créateurs LinkedIn au clic généré, pas au forfait. Une idée née d’une expérience personnelle, validée avant même le lancement.
Pour le suivre, c’est ici : Alexis Jarre sur LinkedIn et Naano sur naano.xyz

Pour aller plus loin : d’autres jeunes entrepreneurs qui ont réussi leur lancement et le guide du marketing d’influence B2B.
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ToggleLe cas en bref
Qui ? Alexis Jarre, 24 ans, étudiant en Master 2 Management à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Co-fondateur de Naano avec Thomas Marcelle (CEO, en CDD chez Fundora) et Justine Namour (CTO, en Licence 3 à la Sorbonne). Équipe de 3 associés à 33% chacun.
Quoi ? Naano : une marketplace qui connecte des micro-créateurs de contenu LinkedIn avec des entreprises B2B tech. Les créateurs publient un post avec un lien tracké. Chaque clic génère une rémunération. Les entreprises ne paient qu’au résultat.
Ses chiffres au moment de l’interview (18 avril 2026, 2 mois après le lancement) :
- CA total : 25 000€
- MRR : 17 000€
- Créateurs sur la plateforme : 500 (50 pays)
- Entreprises clientes : 14
- Capital de départ : 660€ (220€ par associé)
- Budget pub : 0€
Son offre :
- Pour les créateurs : gratuit, rémunération à la performance (par clic généré)
- Pour les entreprises : 1,90€ à 2,90€ par clic selon le volume acheté
- Lien tracké unique par créateur par campagne
- Système clic brut vs clic net pour filtrer la fraude
Ses objectifs :
- Court terme : attirer davantage de créateurs et gérer la base existante
- Moyen terme : expansion aux États-Unis
- Long terme : ouvrir à d’autres réseaux que LinkedIn
Stripe Naano

Les chiffres ci-dessus sont issus du dashboard Stripe d’Alexis au moment de l’interview.

Pourquoi ce cas est intéressant
Alexis n’a pas inventé la micro-influence. Il a inventé le bon modèle économique pour la micro-influence B2B.
Le marché existait déjà, le problème aussi : des créateurs LinkedIn qui se faisaient payer au forfait, indépendamment de la performance. Des entreprises qui payaient pour des posts qui ne généraient aucun résultat mesurable. Et des créateurs qui bâclaient les contenus parce qu’ils étaient payés de toute façon.
Ce qui m’a frappé dans notre échange : Alexis était lui-même la preuve de concept avant de créer la plateforme. Il a été micro-créateur pour une entreprise, payé à la performance, a généré 135 000 impressions sur son premier post, et a vu cette entreprise croître de 50% de CA en 30 jours. Il n’a pas théorisé Naano. Il l’a vécu.
La vraie question que pose ce cas : est-ce que le modèle à la performance peut remplacer le forfait dans la micro-influence B2B ?
Les piliers du modèle
1. Le paiement au clic comme rupture de marché
Le marché de la micro-influence fonctionne depuis des années sur un modèle simple : l’entreprise paie un forfait au créateur pour un post. Peu importe les résultats.
Le problème est connu de tous : certains créateurs bâclent le contenu puisqu’ils sont déjà payés. Des entreprises investissent sur des profils qui ne génèrent aucun retour mesurable. Et personne n’a d’intérêt à s’améliorer.
Naano casse ce modèle. Le créateur est payé uniquement en fonction des clics générés. L’entreprise ne paie qu’au résultat. Zéro clic, zéro paiement.
“Il y a un décalage entre ce que les entreprises sont prêtes à payer et les retours sur investissement. Le forfait flat fee convient à certains créateurs”
L’effet secondaire inattendu : les entreprises arrivent d’elles-mêmes sur la plateforme, sans prospection. La proposition est tellement alignée avec leurs intérêts qu’elles convertissent naturellement.
💡 Enseignement actionnable : Dans un marché où tout le monde vend au forfait, proposer un modèle à la performance est une rupture immédiate. Le risque passe du client vers toi. C’est contre-intuitif mais c’est exactement ce qui lève la barrière à l’adoption.

2. La preuve de concept avant la plateforme
Avant de créer Naano, Alexis a été micro-créateur pour Pletor, une startup. Il postait une fois par semaine sur LinkedIn, payé à la performance. Résultat : 135 000 impressions sur son premier post, 40 000 en moyenne par la suite.
Pletor a connu une croissance de 50% de son CA en 30 jours. Alexis a vu le système fonctionner de l’intérieur.
“On s’est dit, on a quelque chose d’énorme à faire parce que cette entreprise a grandi de 50% en très peu de temps, en investissant très peu d’argent dans des micro-créateurs.”
Ce n’était pas une intuition de marché. C’était une validation terrain. Quand ils ont commencé à contacter des entreprises avant même de lancer la plateforme, la majorité ont été réceptives immédiatement. Ils ont dû arrêter de prospecter faute de capacité à les onboarder correctement.
“On a vite arrêté de les contacter parce qu’on s’est dit, là on ne peut pas tous les onboarder correctement.”
💡 Enseignement actionnable : La meilleure validation d’une idée de marketplace, c’est d’en avoir été utilisateur toi-même et d’avoir vu les résultats en tant que tel. Alexis n’a pas fait d’étude de marché. Il a vécu le produit.
3. Le paradoxe de la marketplace : les créateurs sont durs à attirer, pas les entreprises
Dans toute marketplace, la question classique est : qui attire-t-on en premier ? L’offre ou la demande ?
Chez Naano, la réponse est contre-intuitive. Les entreprises, qui paient, arrivent facilement via le build-in-public de Thomas et Alexis sur LinkedIn. Les créateurs, qui utilisent gratuitement la plateforme, sont plus difficiles à convaincre.
La raison : un créateur doit croire en sa capacité à générer des clics pour rejoindre. L’incertitude du modèle à la performance est plus bloquante pour eux que le risque financier ne l’est pour les entreprises.
La solution : Alexis a lancé avec 15 à 20 créateurs bêta-testeurs issus de son réseau LinkedIn personnel, une semaine avant le lancement public. Validation des premières transactions, correction des bugs, puis ouverture publique.
💡 Enseignement actionnable : Dans une marketplace à la performance, c’est l’offre (les créateurs) qui est le vrai défi d’acquisition, pas la demande. Construis d’abord la base de créateurs avec des bêta-testeurs de confiance avant d’ouvrir aux entreprises.
4. Le filtrage des entreprises comme signal de qualité
Naano dit non à certaines entreprises. Même celles qui sont prêtes à payer.
La raison est simple : si le produit d’une entreprise n’est pas bon, ou que sa landing page ne convertit pas, les créateurs vont faire des posts qui n’intéresseront pas leur audience. Résultat : zéro clic, entreprise mécontente, créateur démotivé.
“Il faut avoir un bon produit et un bon call to action, une bonne landing page. Si le produit derrière n’est pas incroyable, on sait déjà que ça ne va pas trop convertir.”
Ce filtrage protège l’image de Naano et la motivation des créateurs. Et il crée un effet secondaire intéressant : les entreprises refusées comprennent qu’elles ont un problème produit ou marketing à régler.
💡 Enseignement actionnable : Dire non à un client qui ne te correspond pas est une décision de qualité, pas de croissance. Dans une marketplace, un bad match côté entreprise pollue l’expérience des deux côtés.
L’interview complète
J’ai interviewé Alexis pendant environ 50 minutes. On a parlé de la genèse de Naano, du modèle économique, des chiffres, de la gestion d’une startup en parallèle des études, et de la vision pour la suite.
Pour approfondir la stratégie marketing d’influence B2B, consulte notre guide complet : marketing d’influence, le guide complet pour les marques B2B
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🔒 La suite de l’analyse de Naano est réservée aux membres
Ce qui t’attend juste en dessous :
- Les 3 erreurs commises, et comment les éviter :
- « Aller vite sans bâcler : la tension permanente »
- « La fraude des clics : un problème anticipé, une solution technique »
- « Le plan gratuit pour les créateurs : un frein à l’adoption inattendu »
- La stack technique, outil par outil
- Le plan d’exécution : le lancement étape par étape, à copier
- Les meilleurs extraits de l’interview
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