Lancement de XTablo : Ils construisent le prochain notion

Informations sur la publication :

Résumé

Baptiste Belleville, 26 ans, basé à Annecy, a lancé XTablo (xtablo.com) à trois, avec son frère développeur et son meilleur ami au sales. Un logiciel pour les agences : un portail client premium, brandé à l’image de l’agence, qui devient en V2 une plateforme à deux faces, un back-office pour l’équipe et un espace pour le client.

Le cas est singulier parce qu’il repose sur une idée simple et souvent négligée : la forme vaut autant que le fond. Une agence peut être excellente, si l’expérience qu’elle fait vivre à son client est bricolée entre un Drive, un WhatsApp et un Notion, sa valeur perçue chute. XTablo vend cette forme premium. Et pour ne pas l’abîmer, les trois associés ont fait un choix rare : couper volontairement l’acquisition alors qu’ils avaient déjà des clients, le temps de stabiliser le produit.

Baptiste annonce environ 1 000 € de chiffre d’affaires et 13 clients payants, dont 630 € encaissés sur Stripe. C’est encore le tout début, et c’est justement ce qui rend sa façon de penser intéressante à suivre.

Pour le suivre : xtablo.com, LinkedIn (Baptiste Belleville)

Photo de profil

Les chiffres viennent du dashboard Stripe de Baptiste. Ils reflètent ce qui a été encaissé via Stripe, soit 630 € de volume brut et 587,61 € net sur l’année. Selon Baptiste, le reste du chiffre d’affaires n’est pas encore encaissé.

Le cas en bref

Baptiste Belleville, 26 ans, basé à Annecy, cofondateur de XTablo (xtablo.com) avec son frère et son meilleur ami

Chiffres au moment de l’interview :

Produit : un portail client premium pour agences, qui devient en V2 une plateforme à deux interfaces, Studio pour l’équipe et Portail pour le client

Chiffre d’affaires : environ 1 000 € déclaré par Baptiste, dont 630 € encaissés sur Stripe (587,61 € net, vérifié), le reste pas encore encaissé selon lui

Clients : 13 clients payants (déclaratif), le LinkedIn annonce plus de 20 agences

Offre : essai gratuit de 14 jours, abonnement mensuel récurrent, et une offre founder à tarif à vie

Cible : les agences marketing digital, surtout celles qui débutent ou qui restructurent

Acquisition : inbound via le profil LinkedIn personnel, puis démo en appel

Équipe : trois associés, Baptiste, son frère au dev (en part-time, un job à côté) et son meilleur ami au cold email et au sales, pas encore rentables

État : V2 en sortie, après une coupure volontaire du marketing pour stabiliser la V1

Pourquoi ce cas est intéressant

La plupart des founders te parlent de leur produit. Baptiste te parle d’abord de perception. Son intuition de départ, il la formule simplement : un client ne juge jamais ton talent en premier, il juge ce que tu lui présentes.

Beaucoup d’agences sont premium dans le fond et bricolées dans la forme. Le travail est bon, mais le client le reçoit dans un dossier Drive, une conversation WhatsApp et trois relances éparpillées. XTablo vend la forme qui manque : un espace client brandé, propre, où tout est au même endroit. L’idée n’est pas de rendre l’agence meilleure, mais de rendre visible la qualité qu’elle a déjà, pour qu’elle puisse vendre plus cher et garder ses clients plus longtemps.

Le deuxième point qui rend le cas intéressant est un choix à contre-courant. Quand leur V1 a commencé à accumuler des bugs, les trois associés ont coupé l’acquisition, alors même qu’ils avaient des clients qui payaient. Leur raisonnement : continuer à vendre un produit instable, c’était se griller auprès des plus grosses agences qu’ils voulaient viser ensuite. Ils ont préféré sacrifier la croissance immédiate pour protéger leur réputation future.

XTablo en est au tout début. Le chiffre d’affaires tourne autour de 1 000 €, l’entreprise n’est pas encore rentable, et le marché des outils de gestion est concurrentiel. Mais c’est précisément un cas où la façon de penser compte plus que les chiffres du moment, et où les choix posés aujourd’hui peuvent payer demain.

La question qu’il pose : une différenciation fondée sur la valeur perçue et un inbound LinkedIn personnel suffira-t-elle à émerger dans un marché concurrentiel, ou faudra-t-il d’autres leviers pour passer à l’échelle ? La V2 et la relance donneront les premiers signaux.

Les piliers du modèle

1. Vendre la forme, pas seulement le fond

C’est la thèse centrale, et elle vient d’un constat de terrain. Baptiste a passé des mois à écouter des dirigeants d’agence décrire le même décalage : une marque premium dans le fond, mais pas dans la forme.

“Un client ne voit jamais ton talent en premier. Il voit ce que tu lui présentes.”

XTablo attaque ce décalage. En offrant à l’agence un espace client brandé à son image, le produit augmente la valeur perçue de l’offre. Et qui dit valeur perçue plus haute dit prix plus élevé accepté, et clients qui restent plus longtemps parce qu’ils savent toujours où retrouver leur prestataire. Baptiste résume le bénéfice en trois mots : du temps gagné, de la valeur perçue, de la rétention.

💡 Enseignement actionnable : Ton talent ne se vend pas tout seul, il se vend à travers ce que ton client touche et voit. Avant d’améliorer ton offre sur le fond, demande-toi si la forme dans laquelle tu la livres reflète sa vraie valeur. Souvent, soigner l’emballage débloque plus de prix et de rétention qu’une nouvelle fonctionnalité.

2. Couper l’acquisition pour protéger l’image

Voilà le choix le plus rare du cas. Avec une V1 qui attirait déjà des clients mais accumulait des bugs, beaucoup auraient poussé le marketing pour profiter de l’élan. Eux ont fait l’inverse.

“On a coupé l’acquisition parce qu’on ne voulait plus de clients. Vu qu’il y avait des bugs, ça allait nous rajouter du travail et entacher l’image qu’on aurait pu avoir auprès de clients qu’on veut viser plus tard.”

Le calcul est froid et juste. Un client mécontent aujourd’hui, c’est une mauvaise réputation demain, au moment précis où ils voudront monter en gamme. Ils ont donc accepté de ralentir pour ne pas saboter leur futur positionnement. La nuance qu’il ajoute : ce choix vaut quand le produit n’est pas encore fiable. Si le produit tient, le bon réflexe n’est pas de couper, c’est de déléguer l’acquisition.

💡 Enseignement actionnable : La croissance n’est pas toujours la bonne priorité. Si ton produit n’est pas fiable, chaque nouveau client est un futur détracteur. Mieux vaut parfois fermer le robinet, stabiliser, puis rouvrir avec un produit qui tient, surtout si tu comptes viser plus haut de gamme ensuite.

3. Le profil LinkedIn comme moteur d’inbound

Après un premier client trouvé sur un serveur Discord, l’essentiel de l’acquisition s’est faite en inbound, sans même envoyer de message. Des gens tombent sur le profil LinkedIn de Baptiste, cliquent, le contactent, et finissent en appel pour une démo adaptée à leurs problématiques.

“Le profil LinkedIn convertit.”

Pour passer à l’échelle, il applique une règle de discipline : un canal d’acquisition par personne. Lui sur la création de contenu, son meilleur ami sur le cold email et le sales, un setter sur le démarchage LinkedIn, un freelance sur Instagram. Chacun reste sur sa tâche, s’améliore en la répétant, et personne ne s’éparpille.

💡 Enseignement actionnable : Quand tu débutes, mieux vaut un canal maîtrisé que cinq survolés. Si tu as une équipe, attribue un seul canal à chaque personne pour qu’elle progresse par la répétition. Et n’oublie pas qu’un profil personnel bien tenu peut convertir mieux qu’une page entreprise.

4. Choisir un avatar qui te ressemble

Son conseil le plus personnel concerne le choix de la cible. XTablo a d’abord visé des artisans, plus âgés, d’une autre génération. Résultat : difficile à aborder, difficile à vendre. Ils ont pivoté vers des agences de leur âge, de leur mentalité.

“Choisir un avatar client qui nous plaît, je pense que c’est hyper important. Un avatar facile à parler, facile à trouver.”

La leçon dépasse la sympathie. Un avatar proche de toi, tu le comprends mieux, tu lui parles plus naturellement, et tu sais où le trouver. Sur un marché que tu connais de l’intérieur, ton message sonne juste sans effort.

💡 Enseignement actionnable : Ne choisis pas seulement ta cible sur la taille du marché, choisis-la aussi sur ta capacité à lui parler. Un avatar dont tu partages le langage et les codes te coûte moins cher en pédagogie, convertit plus vite, et rend ton acquisition plus naturelle.

L’interview complète

Sa galère, ses fragilités, sa stack et un blueprint d’exécution complet : la suite ci-dessous.

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