Octolinks : à deux et en vibe coding, ils font tourner 500 sites pour vendre du netlinking à partir de 4 €, et assument de ne pas tout automatiser

Informations sur la publication :

Résumé

Thib est développeur et entrepreneur depuis 2012. Avec un associé rencontré en février 2025, il a lancé Octolinks (octolinks.fr), un service de netlinking : tu achètes des liens qui pointent vers ton site pour mieux te positionner sur Google.

Deux choses rendent le cas intéressant. La méthode de production d’abord : à deux, en vibe coding, ils ont sorti un parc de 500 sites en un mois. La thèse ensuite : sa plus grosse erreur a été de vouloir tout automatiser, et il en tire l’inverse de ce que tout le monde prêche. Si la techno permettait de tout automatiser, n’importe qui pourrait le copier. Alors il garde volontairement de la friction humaine, parce que c’est elle qui le protège.

Son dashboard affiche 3 368 € de revenus, 87 commandes et 92 utilisateurs. Pas encore rentable au regard de l’investissement, mais le marché répond.

Pour le suivre : octolinksX

Ces chiffres viennent du dashboard d’Octolinks, le back-office produit de Thib. Ils ne sont pas vérifiés par un tiers comme Stripe, mais ils sont cohérents entre eux.

Le cas en bref

Thib, développeur et entrepreneur depuis 2012, cofondateur d’Octolinks (octolinks.fr)

Chiffres issus de son dashboard Octolinks, non vérifiés par un tiers :

Produit : service de netlinking, des backlinks avec articles vers le site du client

Prix : à partir de 4 € le lien (4 € en bêta, autour de 10 € en standard), très en dessous du marché

Revenus : 3 368 € au dashboard, plus 125 € de précommandes

Commandes : 87, dont 7 en cours. Utilisateurs : 92. Taux d’indexation : 73 % (709 liens actifs)

Parc de sites : environ 500 en production, objectif 1000 qui rankent réellement

Investissement : environ 12 000 € depuis le début, pas encore rentable

MRR : aucun pour l’instant, il reste sur des commandes ponctuelles, le récurrent viendra plus tard

Équipe : deux, jamais rencontrés en personne, l’associé en CTO à la demande

Acquisition : building public sur X et YouTube, cold call, bouche-à-oreille dans le SEO

Pourquoi ce cas est intéressant

Tout le monde court vers l’automatisation totale. Thib a foncé dans cette direction, s’est cogné le nez, et en est ressorti avec la conclusion inverse.

Son produit repose sur une infrastructure que le vibe coding a rendue accessible : à deux, sans lever un centime, ils sortent 500 sites en un mois, là où il fallait une équipe il y a peu. Mais il a d’abord voulu automatiser la boucle entière, sans regard humain. Ça a grippé, ça l’a mené au burnout, il a mis la bêta en pause. Et au lieu d’en conclure qu’il fallait mieux automatiser, il a conclu qu’il fallait arrêter de tout automatiser. Sa logique : si la techno était assez mûre pour tout faire seule, le métier n’aurait plus de barrière, et n’importe qui le copierait. La friction qui l’oblige à garder une main humaine est précisément ce qui tient les copieurs à distance.

Soyons clairs sur l’activité. Octolinks vend du netlinking, des liens payants pour le référencement. L’achat de liens va à l’encontre des consignes de Google et expose à un risque de pénalité. C’est une pratique répandue mais grise, que Thib assume pleinement, drapeau pirate à l’appui. Le but ici n’est pas de juger la pratique ni d’en donner la recette, mais de documenter un modèle.

La question du cas est double. Une barrière qui repose sur l’immaturité d’une technologie est-elle un vrai fossé, ou une fenêtre qui se refermera quand les outils auront rattrapé le manuel ? Et un business adossé aussi directement à Google peut-il se construire sereinement ?

Les piliers du modèle

1. La data avant l’idée

Thib ne s’est pas lancé sur une intuition. Avant Octolinks, il avait passé plus d’un an à fabriquer des sites de test, littéralement plus d’un millier, pour vérifier une seule chose : est-ce qu’ils s’indexent sur Google et est-ce qu’ils y restent. C’est cette data qui lui a donné le feu vert. Le lancement n’était pas un pari sur la faisabilité, mais l’industrialisation d’une mécanique déjà validée en silence.

“J’ai la data de un an et demi, deux ans derrière. Ça tient, ça marche très bien. C’est déjà ce qui fait que je peux me lancer.”

💡 Enseignement actionnable : Avant de vendre, demande-toi quelle donnée tu as déjà accumulée qui prouve que ta mécanique marche. Si tu n’en as aucune, ta première mission n’est pas de vendre, c’est de produire cette preuve.

2. Le vibe coding comme usine de production

Le coeur opérationnel, c’est la production de masse. Thib travaille avec jusqu’à six instances de Claude Code en parallèle : quand il code, il sort une volée de sites, pas un seul. La partie la plus dure, le moteur capable de pousser des centaines de sites, c’est son associé qui l’a construite. Et plutôt que de rester aux manettes, ce dernier a encapsulé son savoir-faire DevOps dans des agents que Thib interroge seul. Un CTO à la demande, présent pour les vrais problèmes, absent le reste du temps. Les deux ne se sont jamais rencontrés.

💡 Enseignement actionnable : Si tu t’associes à une compétence rare, transforme-la en outils réutilisables plutôt qu’en disponibilité permanente. Tu gagnes en autonomie, et la connaissance ne s’évapore pas quand ton associé est ailleurs.

3. La barrière à l’entrée volontaire

C’est le coeur du cas. Thib a voulu pousser l’automatisation à fond : commande, génération, pose du lien, sans humain. Ça grippait, et la fatigue a fait le reste. Il nomme l’erreur sans détour.

“La plus grosse erreur, c’est de vouloir forcément tout automatiser, alors que la techno n’est pas prête.”

Et son raisonnement bascule. Si l’automatisation totale était possible, le métier perdrait toute barrière et n’importe qui répliquerait Octolinks en un week-end. Le fait que ça résiste encore, c’est ce qui le protège. Il choisit donc une niche avec de la friction, et garde une main humaine là où la machine ne suffit pas.

💡 Enseignement actionnable : Ne traite pas la friction comme un défaut par réflexe. Avant d’automatiser une étape difficile, demande-toi si elle n’est pas justement ce qui te protège des copieurs. Parfois, l’humain dans la boucle n’est pas une dette, c’est une douve.

4. L’acquisition brute

Pas de machine marketing, de l’intensité et trois leviers simples. Le building public version sauvage, sur X (parti de dix abonnés) et sur YouTube avec une vidéo quasi quotidienne, brut, sans persona travaillé. Le cold call ensuite, le plus direct de tous.

“Je liste 15 agences SEO, j’en appelle 15. Ils étaient tous intéressés.”

Quand ta cible est un public d’initiés déjà éduqué, le téléphone reste redoutable. Et le prix enfin : à partir de 4 € en bêta, autour de 10 € en standard, là où le marché vend une qualité comparable entre 50 et 60 €. Stratégie de pénétration assumée, avec son revers sur la perception de qualité.

💡 Enseignement actionnable : Quand ta cible est un public d’initiés, n’enterre pas le cold call. Un marché éduqué n’a pas besoin d’être convaincu de ta catégorie, juste de toi. Et si tu casses les prix pour entrer, prévois comment tu remonteras la valeur perçue.

L’interview complète

Sa galère, ses fragilités, sa stack et un blueprint d’exécution complet : la suite ci-dessous.

Adhésion requise

Vous devez être membre du site pour accéder à ce contenu.

Voir les niveaux d’adhésion

Already a member? Connectez-vous ici