avr. 27, 2026
Résumé : Arnaud, développeur depuis 20 ans, a lancé Storm Predict en avril 2026 : une plateforme de suivi et prédiction de trajectoires d’orages en temps réel, avec une précision de 6,8 km d’erreur médiane à 30 minutes. Seul fondateur, aucun associé. 1 600€ de CA en 3 semaines, dont 1 000€ et 14 ventes lors du week-end de lancement au Festival Chasseurs d’orage. Investissement total : 4 000 à 5 000€ (serveurs, API météo, supports festival). Modèle : abonnement mensuel, offre saison (avril-octobre), abonnement annuel. L’offre saison représente 90% des ventes.
Bienvenue dans ce nouveau numéro de Founder Trace.
Chaque semaine, je décrypte un fondateur bootstrappé qui a réellement lancé quelque chose qui marche. Pas de théorie. Que des cas concrets, des métriques vérifiées, et des enseignements actionnables.
Aujourd’hui, un cas que je n’aurais jamais imaginé documenter : un développeur qui passe 10 mois à coder l’application qu’il rêvait d’avoir pour chasser des orages, et qui se retrouve à vendre son produit comme des petits pains lors d’un festival physique en Europe. Arnaud a fondé Storm Predict seul, sans associé, avec une passion niche que 99% des gens ne connaissent pas. Et il a validé le marché en un week-end.
Pour le suivre, c’est ici : Arnaud Florel sur LinkedIn et Storm predict sur Storm Predict

Le cas en bref
Qui ? Arnaud, développeur web depuis 20 ans, passionné de chasse aux orages et de photo de foudre. Fondateur solo de Storm Predict.
Quoi ? Storm Predict : plateforme de suivi et prédiction de trajectoires d’orages en temps réel. Précision : 6,8 km d’erreur médiane à 30 minutes sur la localisation d’un orage. Interface web + PWA (Progressive Web App). Couverture mondiale, disponible en français et en anglais.
Ses chiffres au moment de l’interview :
- CA avril 2026 (3 semaines) : 1 600€
- Week-end de lancement (Festival Chasseurs d’orage) : 1 000€ et 14 ventes
- Investissement total : 4 000 à 5 000€ (serveurs, API météo, supports festival)
- Associés : 0
- Budget pub : 0€ (lancement physique uniquement)
Son offre :
- Mensuel : 9,99€ le 1er mois puis 24,99€/mois sans engagement
- Saisonnier : 129€ pour 7 mois (avril à octobre)
- Annuel : 199€ pour 12 mois avec support prioritaire
- 90% des ventes sur l’offre saisonnière
- Essai gratuit 7 jours disponible, sans carte bancaire
Ses cibles :
- B2C : chasseurs d’orage, photographes de foudre
- B2B à venir : campings, festivals, événements sportifs, concerts, organisateurs d’événements météo-sensibles
Ses objectifs :
- Court terme : stabiliser les algorithmes de trajectoire
- Moyen terme : intégrer un modèle de machine learning pour la prévision jusqu’à 4 heures (partenariat data scientist)
- Long terme : attaquer le B2B, expansion internationale hémisphère sud pour lisser la saisonnalité


Pourquoi ce cas est intéressant
Arnaud n’a pas construit Storm Predict pour un marché. Il l’a construit pour lui.
C’est probablement la phrase la plus répétée dans l’entrepreneuriat et la plus rarement vraie. Ici, elle l’est à 100%. Arnaud est chasseur d’orage depuis des années. Il voulait une application qui lui permette de savoir où se déplace un orage pour se positionner au bon endroit pour la photo. Cette application n’existait pas. Il l’a codée.
Ce que ce cas illustre parfaitement : la passion d’une niche crée une expertise que personne d’autre ne peut avoir. Arnaud connaît chaque détail du comportement des orages, chaque limitation des outils existants, chaque frustration du chasseur d’orage sur le terrain. Aucun concurrent ne peut rattraper ça.
La vraie question que pose ce cas : est-ce qu’un marché ultra-niche peut générer un business viable si le fondateur est lui-même le client idéal ?
Les piliers du modèle
1. Lancer au bon endroit devant les bonnes personnes
Le lancement de Storm Predict n’a pas eu lieu sur Product Hunt. Il a eu lieu au Festival Chasseurs d’orage, un événement physique unique en Europe qui rassemble exactement la cible d’Arnaud en un seul endroit.
Arnaud s’est installé avec un stand et une télé de 2 mètres. Il a mis le site en live. Les gens s’arrêtaient, curieux. Il faisait la démo. Ils sortaient la carte bleue.
“J’avais une grosse télé sur le stand, j’ai mis le site en live et juste ça attirait les personnes. À partir de là, j’avais juste à leur faire la démonstration. Ils étaient convaincus et sortaient la carte bleue. J’ai vendu ça comme des petits pains.”
1 000€ et 14 ventes en un week-end. Concept validé.
La leçon n’est pas “faire des salons physiques”. La leçon est : trouver l’endroit où 100% de ta cible est présente au même moment, et y être.

💡 Enseignement actionnable : Avant de penser acquisition digitale, demande-toi : où est-ce que ma cible se retrouve physiquement ? Un festival, un salon professionnel, une communauté en ligne ? Le canal le plus direct est souvent le plus efficace pour valider.
2. Construire pour soi avant de construire pour le marché
Storm Predict a été développé pendant 10 mois en side project. Arnaud travaillait en mission développement en télétravail. Il passait ses nuits et week-ends à coder l’application qu’il voulait utiliser lui-même.
Quand sa mission s’est terminée en décembre, il s’est fixé un objectif : avoir une version utilisable pour le Festival Chasseurs d’orage en avril. Il a tenu la deadline.
“J’ai fait le produit comme si je le faisais pour moi. Du coup, il s’adresse à des personnes qui ont les mêmes problématiques ou la même sensibilité au sujet.”
C’est exactement ce qui lui a permis de vendre sans effort au festival. Il parlait à des gens qui avaient exactement son problème. Il n’avait pas à expliquer la douleur, ils la connaissaient déjà.
💡 Enseignement actionnable : Être soi-même son client idéal est le raccourci le plus puissant pour construire un produit qui vend. Tu connais le problème mieux que n’importe quel concurrent, et tu n’as pas besoin d’études de marché pour valider la douleur.
3. La saisonnalité comme contrainte et comme avantage
Storm Predict est un produit météo. Les orages se produisent principalement d’avril à octobre en France. L’hiver est une période creuse.
C’est une contrainte évidente. Mais Arnaud a réfléchi à deux réponses structurelles. D’abord, l’hémisphère sud : quand c’est l’hiver en France, c’est l’été au Brésil. Ouvrir à l’international permet de lisser les revenus toute l’année. Ensuite, les produits dérivés : une Storm Predict Academy (formations en ligne sur la météo des orages), des alertes grêle ou tempête pour élargir les cas d’usage en hiver.
“Si on ouvre l’international, on pourrait potentiellement intéresser des pays qui sont en été quand nous on est en hiver. Et je peux aussi faire de la formation, faire du produit dérivé.”
L’offre saison (avril-octobre) représente déjà 90% des ventes. C’est le produit qui correspond exactement au cycle naturel de la clientèle. Au lieu de combattre la saisonnalité, il en a fait le coeur de son offre.
💡 Enseignement actionnable : Dans un business saisonnier, l’erreur est d’essayer de forcer des ventes hors saison. La bonne approche est de maximiser la saison principale, puis d’explorer les relais complémentaires (international, produits dérivés) pour la période creuse.
4. Tester le B2B avant d’y investir
Arnaud a essayé d’aller sur le marché B2B (arboriculteurs, concessionnaires). Il s’est cassé les dents. Ces cibles lui ont répondu qu’elles avaient des assurances et ne cherchaient pas d’alertes météo.
Au lieu d’insister, il a fait des appels découverts, identifié les vraies cibles B2B (festivals, campings, événements sportifs), et a décidé d’attendre d’avoir validé le produit côté B2C avant d’y aller.
“Si je n’avais pas fait les appels découverts, je me serais cassé les dents à proposer des offres qui n’étaient pas du tout adaptées, en tout cas de mauvaise cible.”
La logique est claire : les chasseurs d’orage B2C valident les trajectoires sur le terrain. Quand le produit est assez précis et fiable, il devient vendable aux pros météo-sensibles.
💡 Enseignement actionnable : Les cibles qui semblent les plus évidentes ne sont pas forcément les plus réceptives. Faire des appels découverts avant d’investir du temps et de l’argent sur une cible B2B permet d’éviter des mois perdus sur le mauvais marché.
L’interview complète
J’ai interviewé Arnaud pendant environ 35 minutes. On a parlé de la genèse de Storm Predict, du lancement au festival, de la stack technique, de la saisonnalité, et de ce que c’est de lancer seul sur un marché niche.
